Planifier des phases d’enseignement en prenant en compte différents profils d’élèves pendant tout ou partie d’une séquence – TraAM 2025-2026

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Type de pratique enseignanteOutils (numériques ou non)Types de différenciation
Planifier des phases d’enseignement en prenant en compte différents profils d’élèves pendant tout ou partie d’une séquence– Plan de travail (numérique ou non).
– QR Code.
-Pictogramme indiquant les exercices nécessitant un ordinateur.
– Générateur d’exercices en ligne (LearningApps, Mathaléa, éventuellement via l’ENT Capytale).
– Classe mobile.

Différenciation par le temps :
chaque élève avance à son rythme et il gère ses corrections à sa manière (en classe et/ou à la maison)

Différenciation par le processus :
entraide à la demande ; étayage du professeur à la demande mais dans un second temps ; accès en classe puis sur l’ENT aux fiches de correction complète

Différenciation par les contenus :
plusieurs niveaux d’exercices et d’activités sont proposés ; ou
plans de travail indiquant des fiches d’exercices obligatoires et d’autres optionnels.

Différenciation par les supports (expérimentation A) : (cahier, tableau blanc et interactif, vidéos, flash-cards, cartes d’aides).

Différenciation par les productions (expérimentation B) : forme au choix pour la tâche finale de chaque plan de travail.

Nos différentes expérimentations :

(Sous-titre), niveau, durée (par expérimentation)Thématique de la séance / séquence Besoins des élèves 
SCENARIO A
Utilisation d’un plan de travail numérisé sur une séquence en 3ème (sur le chapitre des statistiques).

SCENARIO B
Plans de travail par séquence en 3e (2 à 3 semaines par séquence)     
Les scénarios peuvent être transférés à tous les niveaux et tous les chapitres.
– L’élève a besoin d’avancer à son rythme ;
– L’élève a besoin d’être accompagné de manière différenciée ;
– L’élève a besoin de comprendre grâce à des supports variés (vidéos, aide, manipulation) ;
– L’élève a besoin de prendre des initiatives ;
-L’élève a besoin d’échanger avec ses pairs ;
– L’élève a besoin de confiance et de valorisation dans les apprentissages ;
– L’élève a besoin de revenir sur une notion sans crainte de l’échec ;
– L’élève a besoin d’engagement actif dans les activités proposées.

Principales compétences mobilisées et développées :

  • Compétences numériques CRCN élève

1. INFORMATION ET DONNÉES

1.2. Gérer des données

1.3 Traiter les données

2. COMMUNICATION ET COLLABORATION

2.2. Partager et publier

  • Compétences numériques CRCN professeur

DOMAINE 1 – ENVIRONNEMENT PROFESSIONNEL

Communiquer

DOMAINE 2 – RESSOURCES NUMÉRIQUES

2.1. Sélectionner des ressources

2.2. Concevoir des ressources

2.3. Gérer des ressources

DOMAINE 3 – ENSEIGNEMENT-APPRENTISSAGE :

3.1. Concevoir

3.2. Mettre en œuvre

3.3. Évaluer au service des apprentissages

DOMAINE 4 – DIVERSITÉ ET AUTONOMIE DES APPRENANTS :

4.1. Inclure et rendre accessible

4.2. Différencier

4.3. Engager les apprenants

DOMAINE 5 – COMPÉTENCES NUMÉRIQUES DES APPRENANTS :

5.1. Développer les compétences numériques des apprenants

  • Autres compétences
CPSCompétences mathématiquesCompétences transversales
Compétences cognitives :
Avoir conscience de soi :
– Reconnaître ses réussites et ses limites.
– Porter un regard critique sur son travail.
– Capacité d’auto-évaluation positive : savoir dire « j’ai réussi » ou « j’ai encore besoin de m’entraîner ».
-Analyser ses erreurs.

Capacité de maîtrise de soi :
– Capacité à gérer ses impulsions.
– Capacité s’autoréguler et gérer la frustration ou l’impulsivité
– Capacité à atteindre ses buts : planifier le moment de l’évaluation.
– Persévérer face à la difficulté.

Prendre des décisions constructives :
– S’autoréguler : ajuster ses stratégies.
– Capacité à faire des choix responsables : analyser une situation et faire des choix stratégiques.


Compétences émotionnelles :
Réguler les émotions :
– Développer la confiance en soi.
– Accepter l’erreur.
– Gagner en motivation et en engagement.
– Développer l’autonomie
– Oser demander de l’aide.
– Prendre conscience de ses réussites.

Gérer son stress :
– Réguler le stress lié à la demande d’évaluation.

Compétences sociales :
Communiquer de façon constructive :
– Capacité d’écoute empathique : compréhension de l’intention de l’autre.
– Communication efficace.
Prendre la parole plus facilement.
– Développer des relations constructives :
– Développer des liens sociaux : participer à des travaux de groupe, aider un camarade et tutorer, écouter et respecter les autres.

Résoudre des difficultés :
– Savoir demander de l’aide.
-Chercher
-Modéliser
-Représenter
-Calculer
-Raisonner
-Communiquer
– L’élève développe les compétences langagières (comprendre un discours explicatif, s’approprier le vocabulaire, reformuler mentalement ; reformuler oralement pour soi et pour les autres).

– L’élève développe sa méthodologie.

LES SCÉNARIOS DES EXPERIMENTATIONS

Scénario A

Qu’est-ce qu’un plan de travail ?

Le plan de travail est un outil pédagogique qui permet de mettre en œuvre une différenciation efficace au sein de la classe tout en favorisant l’autonomie et l’engagement des élèves.

Il s’agit d’un support commun à tous les élèves, mais qui offre des parcours adaptés selon les besoins, les réussites et le rythme de chacun. Les activités proposées ne sont pas nécessairement linéaires : l’élève peut choisir certaines tâches, avancer à son rythme et construire progressivement son parcours d’apprentissage.

Le plan de travail devient ainsi un véritable outil de personnalisation des apprentissages. Chaque élève peut adapter son travail à son niveau de maîtrise, revenir sur des notions non comprises ou approfondir certains contenus.

Exemple d’un plan de travail :

Une pratique qui engage l’élève

Dans ce dispositif, le professeur propose aux élèves un plan de travail distribué au format papier ou accessible via le réseau pédagogique. Celui-ci guide les élèves dans un parcours progressif et différencié.

Le parcours débute généralement par une activité de découverte puis une capsule vidéo permettant de découvrir ou de revoir les notions abordées. Les élèves réalisent ensuite un premier exercice d’entraînement dont la correction est mise à disposition. Cette étape d’auto-correction est essentielle : elle permet à chaque élève d’évaluer sa compréhension et de prendre conscience de ses réussites comme de ses difficultés.

À l’issue de cette première activité, plusieurs exercices sont proposés selon le degré de maîtrise observé. Les élèves choisissent alors le parcours le plus adapté à leur progression.

Cette organisation permet à chacun de disposer du temps nécessaire pour comprendre les notions et avancer sans pression excessive.

Le numérique joue ici un rôle important. Les élèves apprécient particulièrement la possibilité de revoir les vidéos, de les mettre en pause, de revenir sur certaines explications ou d’avancer à leur rythme. Cette flexibilité favorise l’autonomie et sécurise les apprentissages.

Le plan de travail permet aussi aux élèves de se diriger vers des activités qui mobilisent des compétences numériques ; utilisation d’un tableur, utilisation d’internet comme support pour consulter des ressources afin de traiter et gérer les données (ex : exercice sur les salaires en France du plan de travail ci-dessus), accès à des exerciseurs en ligne avec corrigés a disposition pour continuer à s’auto-évaluer.


Le plan de travail : un levier de différenciation pédagogique


Le plan de travail permet de différencier les apprentissages de plusieurs façons :

  • Différenciation par le temps : chaque élève avance à son rythme ;
  • Différenciation par le contenu : plusieurs niveaux d’exercices et d’activités sont proposés ;
  • Différenciation par les supports : vidéos, cartes auto correctives, cartes d’aide, exercices interactifs, tâches complexes ou supports papier.


Des activités complémentaires enrichissent également le dispositif :

  • Escape Game pédagogique ;
  • Tâches complexes ;
  • Résolutions de problèmes sous format vidéo ;


L’élève devient véritablement acteur de ses apprentissages. Grâce aux corrections et aux aides mises à disposition, il peut s’autoévaluer, identifier ses besoins et ajuster son travail de manière autonome (à l’aide de corrigés mis à disposition et de parcours fléchés permettant d’orienter ses besoins de consolidation ou d’approfondissement).

Coopération et tutorat

L’un des effets observés dans ce fonctionnement est le développement spontané de l’entraide entre élèves.

Le tutorat se met en place naturellement : certains élèves expliquent une notion, accompagnent un camarade dans la compréhension d’un exercice ou proposent une méthode.

Cette coopération favorise la verbalisation des apprentissages et valorise les compétences de chacun. L’élève travaille l’oral et l’écrit en mathématiques.

Des aides variées sont également accessibles à tout moment :

  • Vidéos explicatives ;
  • Cartes d’aide ;
  • Exemples guidés ;
  • Rappels méthodologiques.

Cette multiplicité des supports permet aux élèves de trouver l’aide qui leur convient le mieux.

Une évolution des postures

La mise en place du plan de travail transforme profondément les postures aussi bien de l’enseignant que des élèves.

Du côté des élèves

Les élèves deviennent davantage acteurs de leurs apprentissages. Ils s’engagent plus facilement dans les activités, prennent des initiatives et développent progressivement leur autonomie. On observe également une motivation accrue liée au sentiment de contrôle et de plaisir sur le choix de leur parcours.

Les élèves osent davantage prendre la parole, collaborer et s’impliquer dans les échanges. Certains deviennent même de véritables « pédagogues » auprès de leurs camarades (cf vidéo).

Du côté de l’enseignant

La posture de l’enseignant évolue également. Le professeur n’est plus uniquement dans une logique de transmission collective identique pour tous : il accompagne, observe, régule et aide individuellement les élèves selon leurs besoins.

Cette organisation demande une certaine capacité de lâcher-prise, mais permet en retour un accompagnement beaucoup plus fin et personnalisé.

Des temps collectifs indispensables

Si le plan de travail favorise l’autonomie, les temps collectifs restent essentiels et ne doivent pas être oubliés.

Des moments de mise en commun permettent :

  • De revenir sur les notions importantes ;
  • De corriger certaines erreurs fréquentes ;
  • De partager des stratégies ;
  • De formaliser les apprentissages.


Les rituels de début de séance, les bilans de fin d’heure ou encore les feedbacks collectifs contribuent à structurer les connaissances et à maintenir une cohérence de classe.

Plans de travail de l’expérimentation A :

Scénario B


Des plans de travail ont été utilisés pour la majeure partie des séquences de l’année de 3e. Ce sont des documents distribués en tout début de séquence qui visent à la présenter (ce qui va être appris, par quelles étapes et quelles évaluations), à donner de l’autonomie et de plus de responsabilisation aux élèves (dans leurs choix de travaux, dans les aller-retours entre recherche et correction, dans leur auto-évaluation et une évaluation), et à différencier les travaux par des possibilités différentes de choix de certains travaux, de leur nombre, et d’étayage.

Ces documents qui donnent les plans de travail ont toujours la même forme. Ils annoncent à quels moments des points d’institutionnalisation (leçons) vont être donnés, entre des fiches d’exercices (activités introductives, exercices d’entraînement technique, résolutions de problèmes qui utilisent régulièrement des logiciels), une ou plusieurs évaluations formatives et une tâche finale qui peut être commencée en classe ou faite intégralement à la maison. Les noms des fiches sont suivis de petites cases à cocher, de forme ronde pour les fiches obligatoires et carrées pour les facultatives, par lesquelles les élèves indiquent pour eux-mêmes où ils en sont des recherches, corrections et éventuellement validation par le professeur. Certains titres de fiches peuvent aussi être suivis d’un code donnant accès à des exercices supplémentaires d’entraînement de MathAlea via Capytale (connexion personnelle et sécurisée, exercices à faire en ligne avec peu de rédaction et correction automatique, résultats consultables par le professeur en évaluation formative non notée).

Une zone donne aussi un QR-code qui permet aux élèves, à la maison, d’accéder à une série d’exercices développant des automatismes. D’autres exercices de ce type sont donnés en classe régulièrement, sur les mêmes thèmes ou non. 

Enfin, une dernière zone en fin de fiche est réservée à l’auto-évaluation globale : l’élève se sent-il à l’aise dans les apprentissages visés ou non ? Cela permet d’en discuter avec le professeur, d’y revenir pour progresser, et d’apprendre à s’auto-évaluer en comparant avec les performances en évaluations écrites.

La mise en place du fonctionnement en plan de travail demande un temps d’adaptation afin que les élèves s’approprient progressivement le dispositif et ses modalités. Ce mode de fonctionnement peut être utilisé de manière régulière, voire permanente, à condition de fixer des échéances claires et de construire une programmation rigoureuse afin de garantir l’avancée des apprentissages et le respect du programme. Il est également possible de l’intégrer de manière plus ponctuelle, en choisissant par exemple de travailler uniquement certaines séances ou un objectif précis d’une séquence sous forme de plan de travail.

En classe, en début de séquence, la fiche est collée dans le cahier, lue rapidement et explicitée par le professeur. Pour certaines parties, les travaux en autonomie sont interrompus pour donner des explications et procéder aux phases d’institutionnalisation, pour des phases de travail collectives, pour faire le point sur l’avancée des travaux et le rythme nécessaire à trouver.

Les fiches d’énoncés sont à disposition dans une zone identifiée de la salle. Les fiches des corrigés sont posées non loin : elles sont consultables sur place pour des élèves qui n’ont pas trouvé ou pas besoin de l’aide d’une tierce personne (élève ou professeur), ou empruntables à leur place pour être lues plus attentivement, voire en partie recopiées, mais ils ne sont pas autorisés à les garder. Elles sont photocopiées en 8 à 12 exemplaires. Quand tous les élèves ont suffisamment cherché tous les exercices d’une fiche, sa correction est aussi déposée dans l’ENT. Ces corrections sont assez détaillées, parfois avec des indications de recherche et méthode en italique, mais les élèves doivent être formés peu à peu grâce à des explicitations : que faut-il comprendre, que faut-il savoir rédiger, la rédaction est-elle plutôt formatée par moments, quels sont les éléments indispensables …? C’est souvent l’un des éléments de travail les plus difficiles à transmettre.

Tout au long de la séance, c’est le travail en autonomie qui prime. Les élèves commencent seuls et en silence, puis peuvent travailler par deux pour s’entraider, parfois par trois ou quatre (selon le sérieux de la classe). Le professeur peut rester assis à la table d’appui ou circuler pour aider et vérifier l’avancée des travaux. Il régule les déplacements et le bruit, ainsi que l’accès aux fiches d’énoncés et surtout de correction. 

Plan de travail de l’expérimentation B :Exemple de plan de travail en arithmétique (classe de 3ème).

Bilan

En plaçant l’élève au cœur de ses apprentissages, le plan de travail constitue un véritable levier de différenciation pédagogique. Il permet à chacun d’avancer à son rythme, de bénéficier d’aides adaptées et de choisir des activités correspondant à son niveau de maîtrise. Cette organisation favorise l’autonomie, l’engagement et la coopération entre élèves tout en offrant à l’enseignant une meilleure capacité d’accompagnement individuel. Le plan de travail contribue ainsi à construire une classe plus inclusive, dans laquelle chaque élève peut progresser et trouver sa place dans les apprentissages.

Les élèves développent non seulement des compétences mathématiques mais aussi de nombreuses autres compétences (compétences langagières et les compétences psychos sociales).

Points de vigilance :

Il est utile de connaître quelques points de vigilance dans la mise en place d’un plan de travail :

  • Commencer progressivement en proposant, sur certains objectifs seulement, des parcours simples où les élèves choisissent certains exercices, éventuellement sous forme de plans de travail par capacité, le plan de travail sur l’ensemble de la séance restant plus complexe à mettre en place car il implique des choix d’activités selon l’avancée de chacun dans le cours.
  • Il est essentiel d’apprendre explicitement aux élèves à se corriger efficacement : l’objectif n’est pas uniquement de recopier une correction, mais bien de développer une posture réflexive leur permettant d’analyser leurs erreurs, de comprendre leurs difficultés et d’identifier des pistes de progression. Cela nécessite un accompagnement spécifique de l’enseignant à travers des temps dédiés à l’apprentissage de l’auto-correction constructive.
  • Prévoir des aides et des corrigés accessibles en autonomie ;
  • Expliciter clairement les objectifs et les consignes ;
  • Maintenir des temps collectifs réguliers ;
  • Accepter que tous les élèves n’avancent pas au même rythme ;
  • Valoriser l’entraide et la coopération ;
  • Accepter un niveau sonore plus élevé en classe ;
  • S’autoriser le lâcher-prise.


Le plan de travail ne transforme pas seulement l’organisation de la classe : il modifie la manière dont les élèves apprennent et dont l’enseignant accompagne les apprentissages. Il constitue ainsi un outil particulièrement pertinent pour répondre à l’hétérogénéité des classes et développer l’autonomie des élèves.


Limites 

  • Certains élèves manquent particulièrement d’autonomie. Le professeur et les autres élèves doivent les accompagner davantage et plus longtemps. Il convient donc de les repérer le plus rapidement possible pour ne pas laisser travailler ensemble deux élèves ayant cette difficulté.
  • De plus, certains peuvent manquer beaucoup de motivation et ce dispositif peut ne pas leur convenir. Ils cherchent sans cesse à travailler le moins possible en ne se faisant pas remarquer dans une classe plus complexe à observer et évaluer. Il est possible de rassembler ces élèves et qu’ils soient beaucoup plus accompagnés par le professeur qui demande aux autres de travailler beaucoup plus sans lui.
  • Un plan de travail adapté à des élèves en très grande difficulté (dans une classe très hétérogène) a aussi été proposé. Seules les fiches d’exercices obligatoires y ont été gardées et elles ont été déclinées en exercices avec correction puis désétayage progressif. L’autonomie a été moindre.

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