C.LANOT : Témoignage sur la continuité pédagogique

Christine LANOT est professeure de mathématiques au lycée Jacques Monod de LESCAR. Elle assume également les missions de PFA (formatrice académique) à l’INSPE de PAU.

Ce témoignage a été rédigé le 27 mars 2020, le dispositif mis en place a pu évoluer depuis et pourra continuer à évoluer en fonction de la régulation des pratiques propres à l’enseignante ou de celles partagées avec l’équipe pédagogique de l’établissement d’exercice.

Cet exemple ne constitue pas un modèle à reproduire, mais il pourra inspirer des collègues confrontés à des situations semblables.

Le choix des outils

J’ai d’abord testé l’outil « discussion » de Pronote. J’envoyais tous les documents avec un déroulé précis auparavant. Cela s’est avéré très fastidieux :

  • D’une part, le nombre d’élèves ayant accès à Pronote via « mon lycée connecté » a très vite été contingenté. J’ai donc dû mettre en place une discussion parallèle via Whatsapp pour ceux qui ne pouvaient pas se connecter, mais il fallait alors mener deux discussions en parallèle, auxquelles s’ajoutaient des messages vocaux des élèves.
  • D’autre part, malgré les messages, les élèves se montrent étourdis. Ils oublient de télécharger les documents, ou posent des questions sur ce que l’on a dit 1/4h auparavant… Bref rien que de très normal en présentiel mais qui devient vite ingérable en distanciel.

Depuis, j’utilise « ma classe à la maison » du CNED. Cela fonctionne bien mieux. Un sondage de ce jour auprès des élèves révèle que, selon eux, c’est ce qu’il y a de mieux (parmi tous les supports testés par les différents enseignants) et qu’ils souhaitent conserver ce système. Cela me permet d’interagir avec eux à l’oral ou à l’écrit et de réagir plus rapidement à leurs questions. De plus, grâce au partage d’écran, tout le monde parle du même document puisque tout le monde l’a sous les yeux. On peut également revenir sur un autre support, je peux surligner, ils peuvent écrire une réponse…

Si ce n’est les quelques pertes de connexion ou de son, cela fonctionne bien et me permet réellement de voir qui est là, qui suit…Je leur demande, en effet, fréquemment de lever la main pour valider ou invalider ce que je viens de dire, de poser des questions, de répondre individuellement à mes questions. De plus, la classe virtuelle permet de bien travailler la reformulation à l’oral pour les élèves.

Avec l’accord de tous les élèves, j’avais enregistré la première session pour ceux qui avaient des déconnexions fréquentes. Malheureusement, je n’ai pas pu récupérer cet enregistrement, visiblement, en raison d’une question de légalité. C’est peut-être mon principal regret.

Sinon, j’utilise également l’outil QCM de Pronote. Là aussi j’ai une remontée rapide des réussites … quand le site n’est pas en dérangement. Je demande ensuite aux élèves de rédiger les justifications des réponses (1 par élève) afin d’entretenir leurs compétences en rédaction.

Pour ce qui est des documents supports, j’utilise les mêmes que j’aurais proposés en classe, mais détaillés davantage.

Il est à noter que nous sommes une équipe de professeures de mathématiques en série technologique qui travaille en commun. Les supports utilisés ont été réfléchis/ choisis et créés de façon collective.

Organisation d’une séquence en 1re STL

Il est d’abord à noter que la progression a été revue dans sa durée. A distance, on prend davantage de temps à installer une notion et surtout à vérifier que les élèves ont compris (individuellement) car il nous manque le fameux « tour de classe » que l’on effectue durant leurs recherches et qui nous permet d’évaluer rapidement les acquis. De même pour les traces écrites, difficile de demander aux élèves d’en envoyer tous les jours, alors que c’est quelque chose que l’on vérifie au quotidien habituellement. Par conséquent, la part des nouvelles notions par séance est moindre qu’en présentiel.

  • 2h30 en classe virtuelle en audio conférence
  • Travail personnel supplémentaire : QCM via Pronote et copie du cours.

17 à 19 élèves sur les 22 de la classe étaient connectés et présents lors des séances. Les absents n’ont pas la possibilité de se connecter sur ces créneaux (faible débit internet / télétravail des parents sur ces créneaux), mais prennent contact via la messagerie et consultent le dossier Moodle.

Plan d’une séance en classe virtuelle

  1. Réactivation (oral pour les élèves et je note leur réponse pour qu’elle reste affichée à l’écran).
  2. Temps de recherche : je leur annonce le temps à y consacrer et je coupe toute communication durant le temps imparti, histoire qu’ils ne soient pas parasités par les questions en continu d’autres élèves. C’est comme en cours finalement, sauf qu’on ne voit pas ce que les élèves font. Parfois j’autorise des questions par chat au bout de « tant » de minutes.
  3. Mise en commun avec à la fois de l’oral pour l’élève et une trace sur le document projeté (cela est peut-être plus ou moins simple selon les notions : l’exemple cette semaine sur les lectures graphiques était adapté).
  4. Correction durant laquelle les élèves proposent leur réponse sur le tableau blanc, et la reprennent en argumentant à l’oral si désaccord. S’il le faut, je présente la correction détaillée, que j’ai préparée sur la page suivante de mon diaporama.
  5. Présentation du cours (avec Geogébra ces derniers temps) et lecture explicative du cours (à recopier ensuite en autonomie).
  6. Recherche collective

A la fin de chaque explication / présentation, je demande aux élèves s’ils ont compris en leur faisant « lever la main ». Ceux qui ne la lèvent pas sont autorisés à prendre la parole selon l’ordre dans lequel je la leur donne. Certains complètent les réponses via le chat. Pour l’instant « ça ne déborde pas trop » et leurs remarques sont plutôt pertinentes, je reprends donc ces remarques écrites à voix haute pour que tout le monde les entende.

Exemples de documents de travail

Premier bilan et perspectives

Ces nouvelles modalités de travail sont, pour moi, très chronophages, mais les retours des élèves sont bons pour l’instant. Il est toutefois à noter que j’exerce dans un contexte favorable avec des élèves « gentils et assidus ». Un seul élève ne donne pas de nouvelles, j’ai des contacts fréquents avec chacun des autres via la classe virtuelle, la messagerie de « Lycée Connecté », l’outil de discussion de Pronote ou encore au travers des travaux à rendre.

Suite à une harmonisation des pratiques dans l’établissement, il a été décidé de limiter les contacts avec les élèves à 1, voire 2 contacts par semaine. J’ai donc fait le choix, pour les semaines à venir, de tenir une seule classe virtuelle le lundi (du même type que les déroulements envoyés), d’envoyer des travaux à faire durant la semaine avec des corrigés et de fixer un rendez-vous le jeudi sur le créneau habituel de la dernière heure de cours pour échanger sous forme de question/réponse sur les difficultés que les élèves ont rencontrées durant leur travail en autonomie. Certains travaux seront à déposer pour que je puisse voir où les élèves en sont (demandes individuelles).

Classe virtuelle ouverte

Dans le cadre du dispositif Classe virtuelle ouverte, vous pouvez assister à une séance en classe virtuelle de Christine LANOT avec ses élèves.

Si vous êtes intéressés, après avoir pris connaissance du fonctionnement du dispositif, vous pouvez lui écrire à l’adresse christine.lanot@ac-bordeaux.fr.

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