Implantation et fonctionnement d’un club de mathématiques

Voici la présentation de l’atelier « Implantation et fonctionnement d’un club de mathématiques » présenté au Grand Forum des Mathématiques Vivantes le jeudi 11 mars 2021 par des enseignants des académies d’Orléans-Tours et de Bordeaux.

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Quelles sont les motivations d’un enseignant de mathématiques à animer un club   ?

Ses élèves, son bien être dans l’établissement ou son envie de changer le climat scolaire…

Mais très souvent, l’enseignant a une passion, des compétences qu’il souhaite partager avec des élèves. C’est ce que l’on voit dans les clubs de bridge ou d’échec, les clubs Arts et maths, les clubs de robotique ou d’informatique. L’enseignant  profite régulièrement de ce temps et  de cet espace pour faire le lien entre ce qui le passionne et ce qu’il enseigne plus facilement que dans un cours de 55 min.

Avoir envie de créer un club, c’est aussi avoir envie de développer chez nos élèves une culture mathématique : les plonger  dans l’histoire, les grands problèmes mathématiques et les liens entretenus  avec les autres disciplines. Créer un espace où l’on parle maths, où l’on partage  les expériences, les parcours entre élèves ou  avec  des experts.

Bref, c’est faire des maths autrement, ce que l’on retrouve lorsqu’on écoute les témoignages des clubs maths en jean, les clubs regards de géomètre, les clubs où l’on prépare des concours de vidéo de maths, des profils Instagram de mathématiciens, des clubs où l’on fait des maths en jouant.

D’ailleurs, ce changement de posture : d’enseignant à animateur voire apprenant peut déstabiliser mais devient une expérience très enrichissante voire une motivation.

Une chose est sûre, il y existe une  motivation commune aux enseignants qui animent un club : celle de donner une image attractive, ludique et vivante des mathématiques et les mettre en valeur, et pourquoi pas,  susciter des vocations, aussi bien chez les garçons que chez les filles.

Qu’on se le dise : les clubs de maths font sortir les élèves de leur établissement, les amènent voir une expo ou une pièce de théâtre, les font jouer à un escape game, les clubs de maths développent la créativité chez les élèves.  Cela surprend encore …

Quel est le mode de fonctionnement ?

Le choix du créneau :

  • Le choix du créneau est déterminant et souvent difficile en lycée du fait des emplois du temps continus
  • Il est parfois nécessaire de faire un sondage pour déterminer le créneau qui plairait à un maximum d’élèves parmi la pause méridienne, le soir de 17 à 18h ou le mercredi après midi. Chez nous, c’est la pause méridienne qui a remporté le plus d’adhésion.
  • Il est parfois possible de choisir le jour de la semaine en amont, en collaboration avec le chef d’établissement mais en raison de la complexité des emplois du temps en lycée, c’est très difficile voire impossible. Il est alors nécessaire d’attendre la rentrée pour croiser les emplois du temps des classes avec ceux des enseignants en charge du club maths pour chercher le ou les jours où un maximum d’élèves n’ont pas classe entre 12h et 14h. Si l’on propose des créneaux sur la pause méridienne, il est possible de proposer aux demi-pensionnaires qui n’ont qu’une seule heure pour manger des paniers repas à ceux qui mangeaient à la cantine et n’avaient qu’une seule heure pour manger.
  • On peut alors commencer le club sur deux créneaux possibles, puis réduire à un seul selon le choix des élèves. Il est éventuellement possible de maintenir deux créneaux, notamment si plusieurs enseignants animent le club. Il est alors possible de proposer des activités différentes ou non.

 Les élèves concernés :

  • En lycée, les élèves sont issus de tous les niveaux de la seconde à la terminale, dont la part varie au fil des années.
  • Ils sont issus de la filière générale (aucune série pro ou STMG)

 

Le matériel :

Il s’enrichit au fil des années. Il peut être constitué de livres, jeux de société, d’un ou plusieurs robots selon les activités du club, d’un escape game qui est un excellent moyen de faire de faire venir les élèves en début d’année.

Le lieu :

Quand cela est possible, il est très confortable d’avoir une salle dédiée, même si elle ne sert pas exclusivement au club. Cela permet de créer une identité, en affichant des posters, en laissant du matériel dans la salle…Dans ce cas, il est important que le créneau « club maths » figure dans les emplois du temps.

Selon les activités proposées, il est parfois utile que ce soit une salle informatique. Le luxe étant d’avoir deux salles à disposition, si possible à proximité, ce qui permet de proposer plusieurs activités simultanément.

Quelles sont les thématiques ?

Il existe une grande diversité de clubs scientifiques dans l’académie de Bordeaux, qui proposent une ou plusieurs activités durant l’année complète ou parfois sur une période plus courte.

 

Ces activités peuvent être des activités clé en main proposées par des associations telles que « maths en jean »,  « regards de géomètre » , « concours castor & algorea », « videodimaths », « TFJM² »

Cela peut être aussi une ou plusieurs activités parmi la préparation aux concours mathématiques et informatiques, généralement sur une période plus courte, qui s’achève souvent lorsque le concours est terminé.

Cela peut être aussi l’apprentissage de jeux de société (bridge, échecs…) ou un escape game

Le club peut proposer des activités plus centrées sur le numérique, la robotique ou la programmation Python, HTML.

On peut également proposer la création de jeux mathématiques

Ou encore, travailler à la recherche d’énigmes, ou sur la préparation de la semaine des maths

Enfin, on peut s’atteler à un projet plus ambitieux : la préparation d’un festival de jeux, ou un festival de sciences du numérique ou encore la création d’un escape game. Ce sont des activités qui occuperont une grande partie de l’année.

Le club Geek & maths est polyvalent du fait des centres d’intérêt différents des animateurs et des envies des élèves qui varient selon les années. Nous proposons plusieurs activités sur l’année, et parfois plusieurs activités par séance.

En ce moment, nous préparons nos élèves aux concours mathématiques et informatiques (Olympiades, concours général, TFJM²…) ainsi que de l’animation pour  la semaine des maths.

Généralement, nous créons un jeu de plateau mathématique visant à développer la culture mathématique

Depuis cette année, nous avons diversifié notre club en ajoutant un volet robotique et programmation Python et HTML. De ce fait, nous avons ajouté un « Geek » devant le « maths »…

 Quels financements ? Quels partenaires ?

Animer un club c’est donner beaucoup  de son temps. Il est donc normal d’être rémunéré pour ce temps.

Parlons du financement  car des  solutions existent !

Tout d’abord, dans votre établissement. En présentant votre projet à l’équipe de direction, vous pouvez voir avec eux s’il est possible d’obtenir des indemnités péri éducatives, de débloquer une somme au CA pour le fonctionnement de votre club. Ils peuvent aussi vous orienter vers d’autres solutions : le FSE, la maison des lycéens,  les associations des parents d’élèves ou vers les collectivités locales.

En effet  les mairies, département, région ont un service  dédié au public scolaire et parfois un budget pour le déplacement des élèves, des conventions avec la SNCF  ou des tarifs réduits pour des centres culturels sur leur territoire. Elles organisent des actions clefs en main et peuvent souvent vous  fournir une aide matériel ou logistique (mis à disposition de salles, de véhicule, prêt de matériel, dons de lots)

Il existe aussi des dispositifs  clefs en main proposés par des associations ou des centres de  culture scientifique : l’enseignant dispose d’un accompagnement, d’une aide logistique et parfois des financements  via des fondations. C’est le cas de Regards de géomètre proposé par les maths en scène, les journées maths et filles ou les opérations de la fondation Cgénial.

Enfin, le club de maths s’inscrit dans le dispositif des Atelier scientifique et technique, dispositif national piloté par les DAAC. Si votre projet est retenu, vous pouvez aussi bénéficier d’un volant d’HSE et d’un accompagnement. Dans l’académie de Bordeaux nous pouvons avoir de 15 à 45 HSE par an. Mais attention, il y a des conditions dont dont l’une d’entre elles est d’avoir un partenaire scientifique.

Pourquoi envisager un partenariat ?

  • Impliquer un partenaire dans un projet c’est l’enrichir : le partenaire posera un regard extérieur, un regard d’expert sur le projet, il peut lui donner une nouvelle dimension et permettra l’accès à de nouvelles ressources. La rencontre avec un partenaire c’est l’occasion de parler d’orientation : d’un parcours d’étude, d’un métier et du lien que sa profession entretient avec les mathématiques.

Quels sont les partenaires envisagés  ?

  • les universitaires sont des partenaires privilégiés par les enseignants mais ce ne sont pas les seuls.
  • Il existe d’autres partenaires qui ont en parallèle de leur activité, des missions de promotion de la culture scientifique. C’est le cas des grandes écoles,  des instituts (Inria par ex)  mais  aussi de certaines entreprises et leurs fondations.
  • Et puis, il y a toutes les structures de médiation scientifique : Les CCSTI (Centre de culture scientifique, technique et industrielle), les musées à vocation scientifique (cité des sciences, musées des arts et métiers…) les nombreuses associations (filles et maths, maison Fermat sciences, associations maths en jean, maths en scène, maths en vie, animath , CIJM …) et n’oublions pas les laboratoires de mathématiques.
  • Vous pouvez tous les retrouver sur la plateforme ADAGE – le club entre dans l’Education Artistique et culturelle ( EAC) ; N’hésitez pas à envisager un partenariat parce que vous êtes loin d’eux, les médiateurs, universitaires se déplacent ou parfois vivent près de chez vous !
  • Dans tous les cas, avant de contacter directement une structure ou rechercher un financement, vous  gagnerez en temps et efficacité à consulter les personnes ressources de  votre établissement (référent culturel, chef d’établissement, gestionnaire) ou de votre académie  en particulier les professeurs relais de la DAAC  et référents de votre discipline.

 

Le club Geek & Maths du lycée Victor Louis bénéficie du dispositif des AST. A ce titre, nous obtenons chaque année une dotation fléchée de 40 à 50 HSE. La DAAC nous impose le choix d’un partenaire, qui est chaque année un enseignant chercheur. Cette année, notre partenaire a une double casquette (mathématiques et informatique), il nous apporte son expertise dans notre nouveau volet numérique et particulièrement la robotique. Nous bénéficions également d’un budget annuel de 300 €, au titre de projet culturel du lycée.

Au lycée Supervielle, c’est pareil mais on est inscrit dans un projet plus vaste de Fablab éducatif avec un partenairat avec un CCSTI et la Région Nouvelle Aquitaine, ce fablab réunit trois collèges, et un lycée pro des métiers de l’industrie et du numérique. On crée une journée de présentation des projets, une formation initiative locale, on se prêt le matériel et échange nos idées.  Cette année, le club est en pause du fait de la situation sanitaire.

Ressources annexes :

Voici plusieurs ressources pour aider à la création d’un club, aussi bien pour la partie logistique que pour les ressources :

 

 

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