{"id":987,"date":"2016-03-13T16:54:42","date_gmt":"2016-03-13T15:54:42","guid":{"rendered":"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/?page_id=987"},"modified":"2016-11-30T19:58:34","modified_gmt":"2016-11-30T18:58:34","slug":"mimer-pour-se-cacher-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/le-mimetisme-dans-le-monde-vivant\/mimer-pour-se-cacher-2\/","title":{"rendered":"Mimer pour se cacher"},"content":{"rendered":"<p class=\"contenu\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-989 alignleft\" src=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2016\/03\/hippocampe_1.jpg\" alt=\"hippocampe_1\" width=\"200\" height=\"301\" srcset=\"https:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2016\/03\/hippocampe_1.jpg 200w, https:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2016\/03\/hippocampe_1-199x300.jpg 199w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/p>\n<p class=\"contenu\">Si les pr\u00e9dateurs utilisent maints stratag\u00e8mes pour pi\u00e9ger leurs proies, celles-ci disposent bien souvent de ruses non moins remarquables pour tenter de leur \u00e9chapper. La grande diversit\u00e9 du monde animal existe en partie gr\u00e2ce aux adaptations antipr\u00e9datrices d&rsquo;esp\u00e8ces qui demeurent des proies recherch\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Parmi les diff\u00e9rentes strat\u00e9gies d\u00e9velopp\u00e9es, on retrouve en g\u00e9n\u00e9ral trois formes d&rsquo;adaptation, regroup\u00e9es sous le terme de \u00ab mim\u00e9tisme \u00bb au sens large : le camouflage, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;adoption d&rsquo;une livr\u00e9e \u00ab cryptique \u00bb se confondant avec l&rsquo;environnement ; l&rsquo;apos\u00e9matisme, qui consiste \u00e0 arborer des couleurs criardes de mise en garde contre un r\u00e9el danger ; et le travestissement, ou mim\u00e9tisme au sens strict, dont le but est de se faire passer pour une autre esp\u00e8ce, souvent redout\u00e9e, en prenant son apparence ou en imitant un de ses comportements.<\/p>\n<h1 class=\"contenu\">1. Se fondre dans l\u2019environnement :<\/h1>\n<p class=\"contenu\">Pour assurer leur survie, certains animaux ne doivent pas se d\u00e9tacher de leur milieu mais se camoufler, c&rsquo;est-\u00e0-dire se fondre dans le paysage. Nous allons voir comme les modes de <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/camouflage\/\">camouflages<\/a> sont vari\u00e9s\u00a0: adoption de couleurs ou des formes cryptiques plus ou moins \u00e9labor\u00e9es qui se m\u00ealent \u00e0 la v\u00e9g\u00e9tation ou au min\u00e9ral (sable, rocher).<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le phasme, roi du camouflage\u00a0<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"contenu\">Le ph\u00e9nom\u00e8ne de \u00ab phytomim\u00e9tisme \u00bb, autrement dit le camouflage par <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/phasme-2\/\">imitation du support v\u00e9g\u00e9tal<\/a>, se rencontre chez de nombreuses esp\u00e8ces animales. Ma\u00eetres en la mati\u00e8re, les phasmes sont des insectes vivant dans les for\u00eats tropicales. Ils ressemblent \u00e0 s&rsquo;y m\u00e9prendre aux rameaux ou aux <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/phasme\/\">brindilles<\/a> de l&rsquo;arbre sur lequel ils vivent. Les plus grands peuvent atteindre 30 cm de long. \u00c0 leur corps long et mince s&rsquo;articulent des pattes \u00e9voquant les \u00ab rameaux secondaires \u00bb des branches. L&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;un d&rsquo;eux, le <i>Carausius morosus<\/i>, \u00e9lev\u00e9 dans les laboratoires, a permis d&rsquo;\u00e9lucider les secrets de son camouflage. La journ\u00e9e, il reste totalement immobile au m\u00eame endroit et la nuit, il se d\u00e9place tr\u00e8s lentement afin de ne pas se faire remarquer d&rsquo;un \u00e9ventuel pr\u00e9dateur.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Les phasmes n&rsquo;ont pas tous une coloration identique : ils peuvent \u00eatre verts ou bruns, avec de nombreuses nuances. C&rsquo;est lors du stade larvaire qu\u2019ils acqui\u00e8rent leur couleur d\u00e9finitive : des pigments dermiques sont alors cr\u00e9\u00e9s ou d\u00e9truits de telle sorte que la teinte de l&rsquo;animal soit harmonis\u00e9e avec celle de son support. Adulte, il a la facult\u00e9 de changer l&rsquo;intensit\u00e9 de sa couleur, ce qui compl\u00e8te son camouflage : en effet, il est plus clair le jour que la nuit ; ces variations chromatiques qui persistent encore si l&rsquo;animal est maintenu plusieurs semaines dans l&rsquo;obscurit\u00e9 ou en lumi\u00e8re constante, sont dues \u00e0 des hormones agissant sur les chromatophores, cellules porteuses des pigments de la peau : les pigments bruns se dilatent ou se r\u00e9tractent, en fonction de la lumi\u00e8re capt\u00e9e par les yeux, ce qui entra\u00eene les changements de couleur. Le message lumineux est transmis au syst\u00e8me nerveux central qui r\u00e9git la lib\u00e9ration d&rsquo;hormones dans le corps. La lumi\u00e8re est le principal facteur influant, mais il a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement mis en \u00e9vidence le r\u00f4le non n\u00e9gligeable de la temp\u00e9rature et de l&rsquo;humidit\u00e9 relative dans ces changements de couleur quotidiens.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Si la plupart des phasmes sont apt\u00e8res, c&rsquo;est-\u00e0-dire sans ailes, certains compl\u00e8tent leur panoplie antipr\u00e9datrice par des ailes vivement color\u00e9es mais non visibles en position de repos ; en cas d&rsquo;alerte, ils les d\u00e9ploient soudainement devant l&rsquo;agresseur pour le d\u00e9concerter, puis les replient aussi rapidement, faisant douter de leur position pr\u00e9cise sur la branche.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Apparent\u00e9es aux phasmes, les <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/sauterelle\/\">phyllies<\/a>(<i>Phyllium bioculatum)<\/i>, connues sous le nom d&rsquo; \u00ab\u00a0insectes-feuilles\u00a0\u00bb sont les seules \u00e0 avoir une forme compl\u00e8tement aplatie ; leurs \u00e9lytres nervur\u00e9s et leurs pattes repli\u00e9es contre elles, portant des excroissances lob\u00e9es, imitent \u00e0 la perfection les feuilles des esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales sur lesquelles elles vivent. Des irr\u00e9gularit\u00e9s dans leurs contours compl\u00e8tent la ressemblance allant m\u00eame parfois jusqu&rsquo;\u00e0 faire croire au passage d&rsquo;une chenille folivore.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Les \u00e9corces vivantes<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"contenu\">Chez les oiseaux, la palme du camouflage revient aux podarges et \u00e0 ceux auxquels ils s&rsquo;apparentent : les engoulevents, les ibijaux ou les guacharos. Citons, par exemple, <i>le Podargus strigoides<\/i>, un <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/podarge\/\">podarge australien<\/a>que l&rsquo;on rencontre dans diff\u00e9rents terrains bois\u00e9s. Nocturne, il passe la journ\u00e9e seul ou en couple, pos\u00e9 sur un tronc de bois mort. Son plumage soyeux aux couleurs brunes ou grises, parsem\u00e9 de taches et de rayures de m\u00eame ton, le rend totalement identique \u00e0 son support. \u00c0 cela s&rsquo;ajoute une immobilit\u00e9 parfaite dans une posture caract\u00e9ristique : il \u00e9tire la t\u00eate et le cou afin que son bec court et aplati soit dans le prolongement de son corps; les yeux sont clos, ne laissant appara\u00eetre que deux fentes allong\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Le fait d&rsquo;imiter \u00e0 la perfection l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 d&rsquo;une branche morte est essentiel pour cet oiseau qui peut ainsi se reposer la journ\u00e9e sans craindre les pr\u00e9dateurs. Si toutefois il est menac\u00e9, il adopte une posture d&rsquo;intimidation le faisant para\u00eetre beaucoup plus gros qu&rsquo;il n&rsquo;est vraiment : il baisse les ailes, h\u00e9risse les plumes de la t\u00eate et ouvre le bec.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&rsquo;Uroplate<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"contenu\">Le podarge n&rsquo;est pas la seule esp\u00e8ce animale \u00e0 adopter cette coloration cryptique; tel est aussi le cas d&rsquo;un reptile\u00a0: <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/gecko\/\">l&rsquo;uroplate, ou gecko \u00e0 queue plate<\/a> <i>Uroplatus fimbriatus)<\/i> r\u00e9parti dans les plaines et les montagnes orientales de Madagascar. Cet \u00e9tonnant l\u00e9zard end\u00e9mique, est parfaitement adapt\u00e9 \u00e0 son environnement et conna\u00eet peu de pr\u00e9dateurs naturels. Comme chez tous les geckos, ses doigts munis de ventouses en font un grimpeur hors pair. Il sait se rendre invisible gr\u00e2ce \u00e0 sa coloration mim\u00e9tique imitant une \u00e9corce d&rsquo;arbre recouverte de mousse et de lichen, \u00e0 son corps aplati et \u00e0 son immobilit\u00e9 face au danger.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>L&#8217;embuscade parfaite\u00a0: les Thomises<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"contenu\">Un guet-apens r\u00e9ussi n\u00e9cessite une parfaite dissimulation du chasseur. Cette condition est admirablement remplie par les <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/araignees\/\">araign\u00e9es insectivores de la famille des Thomisid\u00e9s<\/a>. Celles-ci sont \u00e9galement appel\u00e9es araign\u00e9es-crabes \u00e0 cause de leur corps massif et de leur d\u00e9marche en diagonale ou lat\u00e9rale. Ces araign\u00e9es se dissimulent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des inflorescences ou s&rsquo;installent sur une fleur de couleur identique \u00e0 la leur. Certaines esp\u00e8ces sont m\u00eame capables de modifier leur coloration pour pouvoir passer inaper\u00e7ues sur une plus grande vari\u00e9t\u00e9 de fonds. Le changement de couleur n\u00e9cessite un d\u00e9lai de quelques jours. Ainsi, en attendant leurs proies, les araign\u00e9es-crabes se confondent parfaitement avec leur environnement.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Les Thomises utilisent \u00e9galement un mim\u00e9tisme olfactif pour attirer leurs proies en \u00e9mettant des odeurs qui plaisent aux insectes.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Une fois la proie \u00e0 port\u00e9e de \u00ab\u00a0bouche\u00a0\u00bb, elles inoculent un venin neurotoxique d&rsquo;action rapide, le plus souvent juste derri\u00e8re la t\u00eate des insectes. Leur rapidit\u00e9 et leur discr\u00e9tion \u00e9vitent d&rsquo;attirer l&rsquo;attention d&rsquo;intrus pouvant nuire au bon d\u00e9roulement de l&#8217;embuscade.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Une esp\u00e8ce en particulier, <i>Phrynarachne decipiens<\/i>, va beaucoup plus loin et construit un pi\u00e8ge original, capable non seulement d&rsquo;attirer les proies mais aussi d&rsquo;assurer sa propre d\u00e9fense contre d&rsquo;\u00e9ventuels pr\u00e9dateurs. Cette araign\u00e9e, dont le corps est teint\u00e9 de noir et de blanc, vit dans les for\u00eats de Born\u00e9o. Pour chasser, elle choisit une feuille et tisse un tapis de soie blanche sur lequel elle s&rsquo;installe. Tout cela semble bien banal, mais le r\u00e9sultat est pour le moins surprenant&#8230; Le corps noir et blanc de l&rsquo;araign\u00e9e sur le tapis de soie nacr\u00e9e simule parfaitement l&rsquo;aspect des excr\u00e9ments d&rsquo;oiseaux qui constituent la nourriture de plusieurs insectes et surtout des papillons. Attir\u00e9s par ce leurre, certains d&rsquo;entre eux se posent na\u00efvement sur l&rsquo;araign\u00e9e qui, profitant alors de l&rsquo;effet de surprise, applique sa morsure fatale.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La mante<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"contenu\">La <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/mante\/\">mante religieuse<\/a> est experte, elle aussi, dans l&rsquo;art de l&#8217;embuscade et du camouflage. Connue de tous pour sa position \u00ab\u00a0de la pri\u00e8re\u00a0\u00bb (pattes ant\u00e9rieures jointes devant la t\u00eate), la mante est un carnivore vorace. Ses pattes ant\u00e9rieures, dites ravisseuses, sont orn\u00e9es d&rsquo;une rang\u00e9e d&rsquo;\u00e9pines redoutables qui constituent une sorte de pince quand les pattes sont repli\u00e9es. La mante peut rester dans cette position des heures durant, pr\u00eate \u00e0 bondir. Ses couleurs assorties aux substrats lui conf\u00e8rent une invisibilit\u00e9 presque parfaite. Quand une proie s&rsquo;approche trop pr\u00e8s, la mante projette ses hanches vers l&rsquo;avant, d\u00e9plie ses pattes et, comme un \u00e9clair, de ses pinces dent\u00e9es elle la saisit. Ainsi capture-t-elle toute sorte d&rsquo;insectes, sans toutefois d\u00e9daigner les l\u00e9zards et les oiseaux !<\/p>\n<p class=\"contenu\">En Malaisie, les nymphes du genre <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/hymenopus\/\">Hymenopus<\/a> simulent \u00e0 la perfection les fleurs d&rsquo;orchid\u00e9e. Selon la couleur de la fleur choisie comme poste d&rsquo;observation, les mantes deviennent roses, blanches ou jaunes. Leurs membres poss\u00e8dent des prolongements lat\u00e9raux dont la forme et la texture imitent les p\u00e9tales. En position d&#8217;embuscade, les mantes-fleurs, allongent leurs quatre membres post\u00e9rieurs et soul\u00e8vent leur abdomen ovale qui prend alors l&rsquo;allure d&rsquo;un beau bouton d&rsquo;orchid\u00e9e. La ressemblance est telle que les papillons n&rsquo;arrivent pas \u00e0 distinguer le vrai du faux et, sans crainte, viennent r\u00e9colter le nectar.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Jeux d&rsquo;ombre et de lumi\u00e8re<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"contenu\">Si toutes ces esp\u00e8ces se confondent avec leur environnement, il en existe d&rsquo;autres qui adoptent des <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/grenouille\/\">couleurs disruptives<\/a> pour compl\u00e9ter l&rsquo;efficacit\u00e9 de leur camouflage. Le but de cette adaptation est de briser la forme et la sym\u00e9trie bilat\u00e9rale de l&rsquo;animal par des couleurs contrast\u00e9es qui vont s&rsquo;int\u00e9grer dans un d\u00e9cor dense, aux teintes et aux tons tr\u00e8s vari\u00e9s, au milieu duquel un animal uniform\u00e9ment color\u00e9 serait imm\u00e9diatement rep\u00e9r\u00e9. Cette rupture de silhouette peut se manifester de plusieurs mani\u00e8res : l&rsquo;alternance de rayures sombres et claires, par exemple, se retrouve entre autres chez les z\u00e8bres, chez de nombreux serpents et poissons et chez quelques amphibiens. Sur un fond clair, le pr\u00e9dateur distingue uniquement les bandes les plus fonc\u00e9es, donc sans signification \u00e0 ses yeux, et, \u00e0 l&rsquo;inverse, dans un environnement plus sombre, seules les rayures claires se d\u00e9tacheront. La forme de l&rsquo;animal est bris\u00e9e !<\/p>\n<p class=\"contenu\">Bien souvent, les colorations disruptives ne trouvent leur efficacit\u00e9 qu&rsquo;avec le concours de l&rsquo;ombre et de la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p class=\"contenu\">En effet, prenons deux exemples: une <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/chenille\/\">chenille de sphingide<\/a> et un poisson, le <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/maquereau\/\">maquereau<\/a>. La m\u00e9thode utilis\u00e9e, dite d&rsquo;ombre invers\u00e9e, consiste \u00e0 \u00e9liminer les ombres. Les sphingides (famille des Sphingid\u00e9s) sont des grands papillons butineurs, essentiellement tropicaux : les sphinx. Certaines de leurs chenilles sont vertes, mais cette teinte va en d\u00e9grad\u00e9 : la face ventrale est fonc\u00e9e, tandis que la face dorsale est claire. Si la lumi\u00e8re \u00e9claire la partie la plus sombre du corps, donc le ventre, celui-ci prend naturellement un aspect plus clair compensent l&rsquo;ombre de la partie non \u00e9clair\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire le dos. Ce jeu de lumi\u00e8re att\u00e9nue tout relief de la chenille qui parait aussi plate qu&rsquo;une feuille. En fait la chenille se tient toujours dans la bonne position : le ventre tourn\u00e9 vers la lumi\u00e8re. Chez d&rsquo;autres esp\u00e8ces, on trouve un d\u00e9grad\u00e9 contraire: le dos sombre, le ventre clair; dans ce cas, les chenilles adoptent la posture inverse en exposant la face dorsale \u00e0 la source d&rsquo;\u00e9clairement.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Quant au maquereau sa coloration pr\u00e9sente \u00e9galement une polarit\u00e9 pigmentaire lui permettant d&rsquo;utiliser la technique d\u2019ombre invers\u00e9e : dos vert, ventre blanc brillant. Si le pr\u00e9dateur arrive \u00ab d&rsquo;en haut \u00bb, un go\u00e9land par exemple, le dos fonc\u00e9 du poisson se confond avec l&rsquo;arri\u00e8re-plan plus sombre du fond marin; \u00e0 l&rsquo;inverse, l&rsquo;ennemi venant des profondeurs, un requin ou un thon, en remontant vers la surface, est \u00e9bloui par la luminosit\u00e9 des rayons solaires : le ventre argent\u00e9 du maquereau imitant la lumi\u00e8re passe inaper\u00e7u.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Chez les antilopes, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment les gazelles, le contraste des couleursjoue le m\u00eame r\u00f4le: le dos plus ou moins brun, \u00e9clair\u00e9 par le soleil, prend une apparence claire pour diminuer le contraste existant avec le ventre et les flancs blancs, et arrondir tous les angles de la silhouette afin d&rsquo;\u00eatre mieux dissimul\u00e9 dans son milieu.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Les plantes-cailloux<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"contenu\">Les animaux ne sont pas les seuls \u00e0 pratiquer le mim\u00e9tisme. Certains v\u00e9g\u00e9taux se confondent aussi remarquablement bien dans l\u2019environnement. De nombreuses esp\u00e8ces de la famille des M\u00e9sembryanth\u00e9mac\u00e9es, vivant dans le d\u00e9sert du Namib en Afrique en sont un exemple typique.<\/p>\n<p class=\"contenu\">En r\u00e9ponse \u00e0 la pr\u00e9dation animale, les elles ont adopt\u00e9 la forme, la couleur et m\u00eame la texture de composants du support sur lequel elles poussent : elles sont ainsi camoufl\u00e9es et \u00e9chappent aux herbivores potentiels.<\/p>\n<p class=\"contenu\">L\u2019imitation des cailloux est la plus parfaite dans le genre <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/lithops\/\">Lithops ou plantes-cailloux<\/a> o\u00f9 la plante enti\u00e8re ressemble \u00e0 une pierre.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Lors de la saison s\u00e8che , ces plantes seraient une aubaine pour les herbivores assoiff\u00e9s, car elles stockent l\u2019eau en abondance dans leurs tissus.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Il est extr\u00eamement difficile de d\u00e9tecter ces plantes sur le fond de la v\u00e9g\u00e9tation rase surtout lors de la saison s\u00e8che quand elles se ratatinent et sont partiellement recouvertes de sable.<\/p>\n<p class=\"contenu\">On ne rep\u00e8re ces Lithops que lorsqu\u2019elles sont en <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/lithops2\/\">fleurs<\/a>. Heureusement les fleurs ont une dur\u00e9e de vie tr\u00e8s br\u00e8ve et n\u2019apparaissent que pendant la saison humide, lorsque la nourriture est abondante pour les herbivores. Elles \u00e9chappent ainsi \u00e0 leurs pr\u00e9dateurs.<i>\u00a0<\/i><\/p>\n<ul>\n<li><strong>La culture des plantes mim\u00e9tiques<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"contenu\">Dans les pays en voie de d\u00e9veloppement, une autre forme de mim\u00e9tisme chez les plantes est apparue\u00a0: le mim\u00e9tisme vavilovien.<\/p>\n<p class=\"contenu\">En effet, l\u2019esp\u00e8ce Homo sapiens (l\u2019homme) est un pr\u00e9dateur pour les plantes\u00a0: lorsqu\u2019il fait des cultures, il ne tol\u00e8re sur son champ que l\u2019esp\u00e8ce qu\u2019il souhaite cultiver.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Or dans les pays en voie de d\u00e9veloppement, le d\u00e9sherbage s\u2019effectue principalement \u00e0 la main et c\u2019est aux agriculteurs de distinguer les plantes cultiv\u00e9es et les mauvaises herbes. En g\u00e9n\u00e9ral c\u2019est facile, sauf quand la mauvaise herbe et la plante cultiv\u00e9e ont le m\u00eame aspect. Les mauvaises herbes sont d\u2019autant plus \u00e9pargn\u00e9es qu\u2019elles ressemblent aux plantes cultiv\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Dans les ann\u00e9es 50, au Swaziland, les rizi\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 envahies par 2 esp\u00e8ces de riz sauvage en raison du mim\u00e9tisme visuel <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/riz\/\">des riz sauvages imitant le riz cultiv\u00e9<\/a>. Le rendement de la r\u00e9colte a \u00e9t\u00e9 grandement diminu\u00e9 car le riz sauvage est impropre \u00e0 la consommation.<\/p>\n<p class=\"contenu\">De plus l\u2019ensemble se complique car le riz sauvage peu s\u2019hybrider avec le riz cultiv\u00e9, et ajoute un 3<sup>\u00e8me<\/sup> riz sauvage non comestible.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Afin d\u2019\u00e9liminer les riz sauvages des rizi\u00e8res, des g\u00e9n\u00e9ticiens ont mis au point des riz cultiv\u00e9s \u00e0 feuilles pourpres, faciles \u00e0 distinguer du riz sauvage \u00e0 feuilles vertes.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Mais en peu de temps, le processus naturel d\u2019hybridation du riz sauvage avec le riz naturel et l\u2019influence du d\u00e9sherbage manuel, fit bient\u00f4t appara\u00eetre du riz sauvage \u00e0 feuilles pourpres, r\u00e9duisant \u00e0 n\u00e9ant la possibilit\u00e9 d\u2019utilisation des couleurs de feuilles comme moyen de discrimination.<\/p>\n<p class=\"contenu\">\u00a0Le mim\u00e9tisme ne se limite pas au stade v\u00e9g\u00e9tatif d&rsquo;une plante cultiv\u00e9e : il se manifeste \u00e0 diff\u00e9rents stades du cycle de vie de la plante, comme par exemple la graine.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Dans des champs de lin, en Russie on trouve une vari\u00e9t\u00e9 de la mauvaise herbe, <i>Camelina sativa (vari\u00e9t\u00e9 linicola), \u00e0<\/i> tiges fines non ramifi\u00e9es et \u00e0 feuilles \u00e9troites et p\u00e2les, ressemblant au lin. Cette ressemblance n&rsquo;est cependant pas le r\u00e9sultat d&rsquo;une s\u00e9lection introduite par le d\u00e9sherbage manuel, qui n&rsquo;est pas pratiqu\u00e9 dans les champs de lin, mais une simple adaptation \u00e0 la vie \u00e0 l&rsquo;ombre des tiges de lin denses. Le mim\u00e9tisme chez<i>Camelina sativa <\/i>porte sur les graines de la mauvaise herbe, qui ressemblent beaucoup \u00e0 celles du lin.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Les graines de <i>Camelina <\/i>sont m\u00fbres au m\u00eame moment que celles du lin, et comme les fruits dans lesquels elles se trouvent, sont ind\u00e9hiscents (ils restent attach\u00e9s \u00e0 la plante), ils sont r\u00e9colt\u00e9s en m\u00eame temps que la plante cultiv\u00e9e. Normalement, les semences qui ne sont pas des graines de lin sont \u00e9limin\u00e9es au cours des op\u00e9rations de battage et de vannage, mais les graines de <i>Camelina<\/i> ont acquis des propri\u00e9t\u00e9s qui les rendent semblables aux graines de lin au moment du vannage ; m\u00eame si les graines de ces deux esp\u00e8ces ont un aspect diff\u00e9rent, elles sont souffl\u00e9es \u00e0 la m\u00eame distance par la trieuse. Les graines sont donc m\u00e9lang\u00e9es et sem\u00e9es ensemble la saison suivante et le complexe mim\u00e9tique perdure. Les diverses vari\u00e9t\u00e9s de lin qui poussent en Russie poss\u00e8dent des caract\u00e9ristiques diff\u00e9rentes et les graines de <i>Camelina <\/i>ont \u00e9volu\u00e9 dans chaque r\u00e9gion comme le mod\u00e8le qu&rsquo;elles imitent, assurant ainsi leur survie<\/p>\n<p class=\"contenu\">Des trieuses perfectionn\u00e9es combin\u00e9es \u00e0 des vari\u00e9t\u00e9s cultiv\u00e9es am\u00e9lior\u00e9es briseront vraisemblablement la relation mim\u00e9tique entre plantes cultiv\u00e9es et mauvaises herbes &#8211; du moins momentan\u00e9ment.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Le mim\u00e9tisme dans les syst\u00e8mes agricoles n&rsquo;est pas toujours un inconv\u00e9nient pour l&rsquo;homme. Gr\u00e2ce \u00e0 leur ressemblance avec des esp\u00e8ces cultiv\u00e9es, certaines mauvaises herbes imitatrices de plantes cultiv\u00e9es sont devenues elles-m\u00eames des productions importantes. Le Russe N. Vavilov a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 observer, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1920, que dans des r\u00e9coltes pr\u00e9coces de c\u00e9r\u00e9ales telles que le bl\u00e9, on recueillait des mauvaises herbes ressemblant au seigle et \u00e0 l&rsquo;avoine , l&rsquo;homme les soumettait involontairement \u00e0 une s\u00e9lection fond\u00e9e sur leurs caract\u00e8res domestiques en recherchant des grains de grande taille, des panicules rigides et des tiges qui ne cassent pas. Avec le temps, ces mauvaises herbes ont acc\u00e9d\u00e9 progressivement au rang de production \u00e0 part enti\u00e8re, et leur survie d\u00e9pend aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p class=\"contenu\">N. Vavilov a utilis\u00e9 le terme de \u00abr\u00e9colte secondaire\u00bb pour d\u00e9signer ces esp\u00e8ces de plantes domestiqu\u00e9es qui \u00e9taient, \u00e0 l&rsquo;origine des mauvaises herbes mim\u00e9tiques, et ce processus, connu sous le nom de mim\u00e9tisme vavilovien, n&rsquo;a pas d&rsquo;\u00e9quivalent dans d&rsquo;autres \u00e9cosyst\u00e8mes. Cette \u00e9volution si rapide repr\u00e9sente un argument de poids en faveur de l&rsquo;adaptation \u00e9volutive par la s\u00e9lection naturelle.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Le mim\u00e9tisme chez les plantes implique de nombreux types d&rsquo;interactions \u00e9cologiques et couvre toute une gamme de ph\u00e9nom\u00e8nes qui s&rsquo;\u00e9tend des strat\u00e9gies de pollinisation par supercherie au camouflage qui pr\u00e9serve de la pr\u00e9dation, ou encore \u00e0 la survie des mauvaises herbes que l&rsquo;homme \u00e9pargne, car elles ressemblent aux plantes cultiv\u00e9es. Dans chaque cas, le mim\u00e9tisme est la r\u00e9sultante des mutations g\u00e9n\u00e9tiques survenant au hasard et qui interagissent avec les pressions de s\u00e9lection exerc\u00e9es par l&rsquo;environnement dans lequel vit l&rsquo;organisme. Ainsi, l&rsquo;existence du mim\u00e9tisme chez les plantes est une d\u00e9monstration \u00e9clatante de la puissance de la s\u00e9lection naturelle qui gouverne l&rsquo;\u00e9volution.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La dimension temps dans le mim\u00e9tisme\u00a0<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"contenu\">Les mim\u00e9tismes visuels peuvent \u00e9voluer en fonction du temps qui passe pour permettre une meilleure efficacit\u00e9. Le d\u00e9lai de transformation peut \u00eatre de quelques minutes \u00e0 plusieurs mois en fonction du mode de changement de couleur. Voyons quelques exemples.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Variations dans des d\u00e9lais brefs\u00a0: homochromie variable<\/p>\n<p class=\"contenu\"><strong>Variations d&rsquo;Octopus<\/strong><\/p>\n<p class=\"contenu\">La majorit\u00e9 des animaux pass\u00e9s ma\u00eetres en mati\u00e8re de camouflage ont un aspect fig\u00e9 qui les fait dispara\u00eetre dans leur propre environnement. Changeons-les de d\u00e9cor, ils deviennent alors parfaitement visibles.<\/p>\n<p class=\"contenu\">La pieuvre <i>(<a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/pieuvre\/\">Octopus vulgaris<\/a>), <\/i>quant \u00e0 elle, passe inaper\u00e7ue quel que soit le fond marin sur lequel elle se pose. Comment r\u00e9alise-t-elle ce tour de magie qui la fait dispara\u00eetre aux yeux de ses pr\u00e9dateurs ? Simplement en adoptant en une fraction de seconde, la couleur de son environnement. Trois types de cellules entrent en jeu: les chromatophores, les iridophores et les leucophores. Les chromatophores contiennent un sac pigmentaire qui peut se contracter ou se dilater gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;action de fibres musculaires p\u00e9riph\u00e9riques. Ces cellules, renfermant des pigments jaunes, orange, rouges, bruns ou noirs, sont dispos\u00e9es en quatre ou cinq couches. Des couches cellulaires sous-jacentes renferment les deux autres types de cellules : les iridophores, contenant de la guanine et des urates, r\u00e9fl\u00e9chissent la lumi\u00e8re capt\u00e9e, et les Ieucophores dispersent la lumi\u00e8re, donnant ainsi des taches plus ou moins fonc\u00e9es. Ces cellules sont d\u00e9voil\u00e9es ou masqu\u00e9es par les chromatophores en fonction de la densit\u00e9 des pigments, c&rsquo;est-\u00e0-dire du degr\u00e9 de contraction des sacs pigmentaires.<\/p>\n<p class=\"contenu\">D&rsquo;autres crit\u00e8res interviennent en particulier l&rsquo;\u00e2ge de l&rsquo;animal : \u00e0 la naissance, une pieuvre compte une soixantaine de chromatophores lui permettant uniquement de p\u00e2lir ou de foncer, tandis qu&rsquo;un individu adulte n&rsquo;en poss\u00e9dera pas moins d&rsquo;un ou deux millions ! Toutes les variations sont possibles dans les teintes et les dessins de la peau. Subtilit\u00e9 suppl\u00e9mentaire pour parfaire cette adaptation quelques pieuvres h\u00e9rissent leur corps d&rsquo;asp\u00e9rit\u00e9s pour am\u00e9liorer leur mim\u00e9tisme avec les rochers.<\/p>\n<p class=\"contenu\"><strong>Variations du cam\u00e9l\u00e9on<\/strong><\/p>\n<p class=\"contenu\">Le c\u00e9l\u00e8bre <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/cameleon\/\">cam\u00e9l\u00e9on<\/a> est capable de changer de couleur en fonction de son environnement. En l\u2019espace d\u2019une ou 2 minutes, il est capable de changer de teinte pour se fondre dans l\u2019environnement. Le m\u00e9canisme permettant le changement de couleur est analogue \u00e0 celui de la pieuvre.<\/p>\n<p class=\"contenu\"><strong>Variations en fonction des saisons\u00a0: homochromie simple<\/strong><\/p>\n<p class=\"contenu\">Pour devenir invisible de nombreux animaux se dissolvent dans l\u2019environnement (ex <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/lionne\/\">lionne<\/a> dans la savane). Or il est bien rare qu\u2019au fil des saisons la nature reste immuable. Il faut donc s\u2019adapter au nouvel environnement comme le fait le <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/lagopede\/\">Lagop\u00e8de \u00e0 queue blanche<\/a> (lagopus leucurus). A l\u2019automne, la dur\u00e9e du jour diminue et provoque la chute de son plumage marron, noir et blanc (adapt\u00e9 aux couleurs d\u2019\u00e9t\u00e9 et automne). Il sera remplac\u00e9 par un plumage blanc qui lui permettra de se confondre parfaitement dans la neige des montagnes o\u00f9 il vit.<\/p>\n<p class=\"contenu\">De nombreux autres animaux comme le li\u00e8vre variable etc. changent de couleur en fonction des saisons.<\/p>\n<h1 class=\"contenu\">2.\u00a0Se cacher en se d\u00e9guisant :<\/h1>\n<ul>\n<li><strong>Le d\u00e9guis\u00e9 des mers<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"contenu\"><a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2016\/03\/Drmidiopsis.jpg\" rel=\"attachment wp-att-1054\"><br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-1054 alignright\" src=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2016\/03\/Drmidiopsis.jpg\" alt=\"Drmidiopsis\" width=\"60\" height=\"92\" srcset=\"https:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2016\/03\/Drmidiopsis.jpg 590w, https:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2016\/03\/Drmidiopsis-197x300.jpg 197w\" sizes=\"auto, (max-width: 60px) 100vw, 60px\" \/><\/a>Et puis il y a les animaux qui voudraient bien dispara\u00eetre aux yeux de leurs ennemis; mais la nature ne leur a pas donn\u00e9 les attributs indispensables au camouflage. Quelques rares esp\u00e8ces compensent cet oubli en exploitant au mieux des \u00e9l\u00e9ments de leur milieu pour se confectionner un d\u00e9guisement. Cette technique se rencontre chez quelques esp\u00e8ces de crabes de la famille des Majid\u00e9s (plus connus sous le nom d&rsquo;araign\u00e9es de mer), des dromiac\u00e9s et des oxyrhynques.<\/p>\n<p class=\"contenu\">\n<p class=\"contenu\">Ils poss\u00e8dent quatre paires de longues pattes locomotrices et une paire de pattes ant\u00e9rieures modifi\u00e9es en pinces, les ch\u00e9lip\u00e8des. Chez certains, la paire de pattes la plus post\u00e9rieure sert \u00e0 la pr\u00e9hension des divers mat\u00e9riaux destin\u00e9s au camouflage.<\/p>\n<p class=\"contenu\"><a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/animation\/\" target=\"_blank\">Comment ces crabes proc\u00e8dent-ils pour se d\u00e9guiser ?<\/a><\/p>\n<p class=\"contenu\">Tout d&rsquo;abord, ils choisissent des \u00e9l\u00e9ments du milieu : des algues amass\u00e9es \u00e0 l&rsquo;aide de ces ch\u00e9lip\u00e8des, ou des morceaux d&rsquo;<a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/eponge\/\">\u00e9ponges<\/a> et d&rsquo;an\u00e9mones qu\u2019ils d\u00e9coupent \u00e0 l\u2019aide de leurs appendices buccaux afin de leur donner la bonne taille. Mais ils utilisent \u00e9galement des fragments de coraux, gorgones, alcyons, morceaux de coquilles de mollusques, <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/ascidie\/\">ascidies coloniales<\/a>&#8230;<\/p>\n<p class=\"contenu\">Les \u00e9l\u00e9ments r\u00e9colt\u00e9s, ces crabes en triturent l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 afin de les rendre rugueux. Ainsi modifi\u00e9s ils sont achemin\u00e9s, par les pattes, aux diff\u00e9rents endroits de la carapace o\u00f9 ils vont \u00eatre fix\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"contenu\">L&rsquo;adh\u00e9sion se fait gr\u00e2ce \u00e0 des poils recourb\u00e9s en forme de crochets, pr\u00e9sents sur la carapace, les pattes, ou m\u00eame sur le rostre (prolongement c\u00e9phalique en avant de la carapace), et dans lesquels les fragments vont s&#8217;emm\u00ealer. Elle est am\u00e9lior\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la \u00ab\u00a0colle\u00a0\u00bb, liquide adh\u00e9sif secr\u00e9t\u00e9 par les glandes salivaires. Celle des oxyrhynques est parfaite et sert m\u00eame d\u00a0\u2018engrais aux v\u00e9g\u00e9taux coll\u00e9s, par contre celle des dromies est de pi\u00e8tre qualit\u00e9 et les \u00e9l\u00e9ments du costume tombent souvent.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Souvent, les \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9lev\u00e9s continuent \u00e0 vivre; on a ainsi vu des <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/eponge-2\/\">\u00e9ponges<\/a> ou des an\u00e9mones se d\u00e9velopper, recouvrir compl\u00e8tement la carapace et d\u00e9border de celle-ci !<\/p>\n<p class=\"contenu\">Lors de la mue, certains de ces crabes prennent soin de r\u00e9cup\u00e9rer les ornements de leur ancienne carapace et de les fixer sur la nouvelle.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Ces crabes recherchent des substrats sur lesquels ils sont homochromes et ils sont capables de changer de d\u00e9guisement lorsque leur camouflage ne correspond plus \u00e0 la couleur du milieu. Des exp\u00e9riences faites en France par R. Minkiewicz (1907) sont caract\u00e9ristiques. Il constate que des crabes du genre <i>Maia<\/i> dont la carapace a \u00e9t\u00e9 d\u00e9barrass\u00e9e de tous ses d\u00e9bris, plac\u00e9s dans des aquariums dont les parois sont couvertes de papiers de couleur, choisissent, pour se couvrir, les papiers correspondant \u00e0 la couleur du milieu. Si ces crabes ainsi habill\u00e9s sont ensuite transport\u00e9s dans des aquariums dont les deux moiti\u00e9s sont diff\u00e9remment color\u00e9es, ils se dirigent vers la moiti\u00e9 de l&rsquo;aquarium dont la couleur correspond \u00e0 leur rev\u00eatement. D&rsquo;autres crabes du genre <i>Hyas, <\/i>rev\u00eatus d&rsquo;algues rouges et introduits dans des aquariums tapiss\u00e9s uniquement avec des \u00e9ponges, sont capables de changer leur d\u00e9guisement et d\u00e8s le lendemain ils sont recouverts exclusivement d&rsquo;\u00e9ponges.<\/p>\n<p class=\"contenu\">En g\u00e9n\u00e9ral, cette habitude de d\u00e9guisement dure toute la vie de l&rsquo;animal, mais une esp\u00e8ce californienne,<i>Loxorhyncus crispatus<\/i> cesse cette activit\u00e9 d\u00e8s qu&rsquo;elle a atteint une taille suffisante pour ne plus craindre les pr\u00e9dateurs.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>La larve de chrysope<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"contenu\">Les <a href=\"http:\/\/ent2d.ac-bordeaux.fr\/disciplines\/svt\/mimer-pour-se-cacher\/chrysope\/\" target=\"_blank\">larves de chrysope<\/a> ont trouv\u00e9 le moyen id\u00e9al pour se m\u00ealer \u00e0 leurs proies (les pucerons laineux)\u00a0: elles se v\u00eatissent de leurs cadavres. En effet, elles se couvrent de poils arrach\u00e9s \u00e0 leurs mod\u00e8les (les pucerons). Si on d\u00e9shabille exp\u00e9rimentalement ces larves, elles passeront leur temps \u00e0 manger les pucerons et \u00e0 leur arracher la laine pour s\u2019en v\u00eatir.<\/p>\n<p class=\"contenu\">Ces larves dupent parfaitement bien les pucerons mais aussi les fourmis protectrices des pucerons qui les prot\u00e8gent au m\u00eame titre que les vrais pucerons\u00a0!!<\/p>\n<p class=\"contenu\">Elles vivent donc bien prot\u00e9g\u00e9es au milieu de leur garde manger\u00a0!!!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si les pr\u00e9dateurs utilisent maints stratag\u00e8mes pour pi\u00e9ger leurs proies, celles-ci disposent bien souvent de ruses non moins remarquables pour tenter de leur \u00e9chapper. La grande diversit\u00e9 du monde animal existe en partie gr\u00e2ce aux adaptations antipr\u00e9datrices d&rsquo;esp\u00e8ces qui demeurent des proies recherch\u00e9es. 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